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Rwanda: le chanteur Kizito Mihigo enterré à Kigal

L’artiste rwandais Kizito Mihigo le 4 avril 2019 à son domicile de Kigali. Pierre René-Worms/RFI

Les obsèques de Kizito Mihigo ont eu lieu samedi 22 février à Kigali, rassemblant de nombreux Rwandais. Le chanteur de gospel, connu pour son engagement pour la réconciliation post-génocide, a été retrouvé mort le 17 février dans sa cellule au poste de police de Remera. Il avait été arrêté quatre jours plus tôt, accusé de vouloir traverser illégalement la frontière burundaise pour aller rejoindre des groupes rebelles. Les autorités parlent d’un suicide.

Avec notre correspondante à Kigali, Laure Broulard

Sous la pluie, plus d’un millier de personnes regardent passer le cercueil. Elles sont venues rendre un dernier hommage au chanteur devant l’église de Ndera à Kigali. Ici, beaucoup d’émotion mais aussi de méfiance. Cette jeune femme accepte de témoigner anonymement…

« Nous aimons tellement ses chansons. Elles ont été bannies quand il a été emprisonné pendant quatre ans. Mais maintenant les gens vont continuer à écouter ses chansons. Nous allons continuer à l’écouter, lui, car nous l’aimons. »

Dans la foule, des questions également sur les circonstances de la mort de Kizito Mihigo. Si une enquête a été ouverte par le Bureau des Investigations rwandais, les résultats de l’autopsie n’ont pas encore été révélés. « Je l’ai toujours considéré comme quelqu’un de très doux. Vraiment je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui aurait pu le pousser à se suicider. Je le voyais comme un homme pacifique. »

Des membres de l’opposition non reconnue étaient également présents, Diane Rwigara ou encore Victoire Ingabire. Pas de déclaration officielle du gouvernement rwandais, mais jeudi un ministre avait dénoncé sur Twitter des récupérations politiques de la mort du chanteur, accusé de liens avec des groupes rebelles.

Ma chanson sortie au mois de mars 2014 était vraiment l’apogée de mon message de réconciliation. Arriver à exprimer la compassion pour toutes les victimes, non seulement du génocide mais aussi des victimes des vengeances commises par le FPR, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité. (…) Je n’ai pas pu m’empêcher de sortir cette chanson. Je savais que ça allait provoquer un désaccord terrible avec le gouvernement, je le sentais.

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